Reconnaissance du suicide forcé

Qu'est-ce que le suicide forcé?

La notion de suicide forcé renvoie à la situation dans laquelle une personne en vient à mettre fin à ses jours suite à des violences psychologiques graves. Nous parlons bien de violences psychologiques: dénigrement, chantage, menaces, sarcasme, mépris, humiliations, et cetera. Celles-ci sont toujours présentes en cas de violences entre partenaires, et peuvent être les seules violences subies d'ailleurs. Bien plus difficilement décelables, elles ont pourtant un impact majeur sur les femmes qui les subissent. En effet, dans un tel climat s'opère progressivement une altération des capacités de jugement et une véritable rupture identitaire chez la victime. Elle ne sait décrire ce qu'elle vit, ne sait plus ce qu'elle peut tolérer ou non. L'emprise mène irrémédiablement à une perte du sentiment de dignité. Les conséquences sont multiples, allant de la dépression aux douleurs chroniques, et pouvant aller jusqu'au suicide de la victime. Les femmes conduites à cela le sont bien à cause de la manipulation de leur partenaire, ainsi que de la souffrance qu'elles en éprouvent. C'est pourquoi nous voulons parler de suicide forcé.

Reconnaissance en droit
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En France, la loi du 30 juillet 2020, introduit deux nouvelles circonstances aggravantes au harcèlement moral: le suicide et la tentative de suicide.

En Belgique, la notion de suicide forcé n’est pas encore reconnue dans la loi. Néanmoins, des cas emblématiques existent, consécutifs à des formes de harcèlement moral en dehors des relations intimes: les suicides de Maëlle, 14 ans, victime de harcèlement scolaire et de revenge porn; d’une policière victime de harcèlement moral de la part de ses supérieurs hiérarchiques; d’une jeune fille de 14 ans suite à un viol dont les images ont été diffusées sur internet. Dans ces trois affaires, le lien entre le décès de la victime et les faits reprochés ont été reconnus par la justice.

Estimation du nombre de suicides forcés

D’après les chiffres du suicide de femmes en Belgique, ainsi que de l’estimation à minima du nombre de suicide du aux violences entre partenaires (11%), Psytel a pu déterminer qu’environ 52 suicides seraient liés aux violences d’un partenaire en 2017. Si nous additionnons ces décès au chiffre de femmes victimes d’assassinat au sein du couple, nous atteignons 95 cas de féminicides en 2017, soit plus du double en tenant compte des suicides forcés.

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mortalité de femmes au sein du couple, pour l’année 2017 en Belgique.