
Les premiers intervenants face aux situations de violence domestique sont souvent les policiers. Ces derniers, en tant que « coordinateurs » des services d’aide aux victimes et aux agresseurs, doivent collaborer avec d’autres prestataires de services. Cependant, dans de nombreuses juridictions européennes, divers obstacles individuels, organisationnels et systémiques entravent leur capacité à effectuer les renvois nécessaires.
Un manque de formation spécialisée et de compétences chez les policiers pour adopter une approche centrée sur la victime est souvent constaté. Au niveau organisationnel, l’absence de règles claires pour le comportement des policiers dans les cas de violence domestique crée des difficultés. D’un point de vue systémique, les obstacles surgissent lorsque les organismes publics et communautaires ne parviennent pas à collaborer efficacement.

Le projet TACTICS a tiré parti des travaux antérieurs pour renforcer la réponse policière et communautaire face à la violence domestique. Cette amélioration s’est faite au niveau des tribunaux locaux de sept pays où TACTICS a été déployé (Estonie, Bulgarie, France, Allemagne, Grèce, Espagne, Roumanie).
Notre équipe a collaboré avec la police, les services d’aide aux victimes et aux agresseurs pour améliorer leur réactivité face à la violence domestique. Cela est passé par des activités de renforcement des capacités et une coopération multi-partenaires. Il est crucial d’accroître la sensibilisation et d’adopter une attitude adéquate envers les victimes de violence domestique, en particulier celles ayant des besoins spécifiques tels que les personnes âgées, les toxicomanes, les réfugiés, etc.
Nous avons également développé des solutions numériques innovantes pour combler les lacunes des réponses de la communauté face à la violence domestique.
TACTICS a formé des groupes de travail dans chaque région pour surmonter les obstacles au changement structurel. L’objectif étant de définir des réponses systématiques à la violence domestique, notamment la création de feuilles de route régionales pour guider les améliorations actuelles et futures de la collaboration entre les partenaires, la formalisation de la coopération, l’amélioration de l’évaluation des risques et d’autres procédures policières liées à la VD.
Les résultats sont largement diffusés parmi les pays partenaires et au niveau de l’Union européenne.
Une checklist a été développée afin d’accompagner une femme victime de violence par un partenaire intime comme il se doit. Cet outil va de l’instant présent du dialogue avec la victime au renvoi vers d’autres structures, en passant par la mesure du risque, le rapport de l’abus et l’après-rapport. Cela permet de rapidement vérifier que tous les éléments ont été pris en compte, ou de se corriger si nécessaire. La checklist existe sous forme de dépliant et d’affiche.


Au cours du projet, des formations ont été développées sous forme de modules, testés et approuvés. Ils sont au nombre de 7: introduction, contrôle coercitif, évaluation du risque, collaboration multi-partenaires, travail avec les femmes victimes, auteurs de violences domestiques, et solutions en matière de données.
Ces modules sont trouvables en ligne via le lien: https://fr.dvknowledge.eu/
Une feuille de route a également été confectionnée durant le projet. Celle-ci plante le décor des mécanismes de réponse aux violences domestiques en Belgique. Ensuite elle identifie les obstacles à la collaboration multi-partenaires dans ce domaine. Finalement, elle propose des recommandations pour l’amélioration du mécanisme de prise en charge et de la collaboration multi-partenaires dans la gestion des cas de violence domestique.