Qu’est-ce que le harcèlement sexuel ?

On a tous entendu parler du harcèlement sexuel, et on sait qu’il est réprimé par la loi. Néanmoins, il est parfois compliqué de savoir si nous, ou l’un de nos proche en est la victime. A partir de quel moment peut-on parler de harcèlement sexuel ? Les comportements doivent-ils nécessairement être répétés ? Plusieurs personnes peuvent-elles être impliquées ?

Muriel Salmona définit le harcèlement sexuel comme des propos et/ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste, imposés à une personne, portant atteinte à sa dignité et créant une atmosphère intimidante, hostile, offensante.

Ainsi, il peut ne s’agir que de propos, blagues ou compliments déplacés par exemple, comme il ne peut s’agir que de comportements non verbaux tels qu’un regard qui déshabille ou le fait de remonter son pantalon en montrant ostensiblement ses parties.

Ces comportements entraînent un sentiment de dégradation chez la victime et une atmosphère délétère.

Selon la loi belge du 4 août 1996, le harcèlement sexuel consiste en « tout comportement non désiré verbal, non verbal ou corporel à connotation sexuelle qui a pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. » Le harcèlement sexuel est un délit pénal : l’auteur risque jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 48 000 € d’amende.

La loi donne divers exemples tels que remarques équivoques, insinuations, regards insistants ou concupiscents, propositions compromettantes, et cetera.

Il y a bien ici deux différences entre la définition légale et celle donnée plus haut : la loi parle uniquement de connotation sexuelle, et non de connotation simplement sexiste. De plus, en Belgique, la notion de répétition n’est pas nécessaire pour qualifier un fait de harcèlement sexuel.

Observons également que l’intention de nuire n’est pas nécessaire en cette matière, c’est l’effet qui définit le harcèlement sexuel.

Dans le monde du travail, l’auteur peut être un supérieur, comme un subordonné ou un tiers. Il se peut qu’il agisse seul, comme il peut y avoir plusieurs personnes impliquées.

Le harcèlement sexuel environnemental ne vise pas nécessairement une femme en particulier mais vise globalement les femmes, encore une fois, soit avec des propos soit des comportements non verbaux. Il peut s’agir d’une affiche à caractère pornographique par exemple.

Le harcèlement sexuel fait partie des violences sexuelles. Il ne s’agit ni d’agression sexuelle, ni de viol. Il n’y a donc effectivement pas besoin d’un baiser forcé ou d’une main au fesse pour parler de harcèlement sexuel, puisqu’il s’agit là déjà d’agression sexuelle.

Le harcèlement sexuel constitue une discrimination fondée sur le sexe. La majorité des plaignant·e·s sont des femmes, même si bien sûr, certains sont de sexe masculin. En effet, il n’y a pas de harcèlement s’il n’y a pas d’asymétrie dans la relation, parce que la victime ne peut rendre la pareille sans risquer beaucoup. La victime sera toujours plus démunie, c’est pourquoi il est nécessaire d’agir.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre MOOC traitant des violences sexistes au travail : https://harcelementviolencesexisteentreprise.eu

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